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Groupe théâtre du lycée : « Les pas perdus », de Denise Bonal

Au mois de mai, l’option et l’atelier théâtre du Lycée ont donné au Studio Molière deux représentations d’une pièce de Denise Bonal, « Les pas perdus ». Cette pièce a pour cadre le hall d’une grande gare. Elle se présente comme un puzzle aux éléments multiples : certains se suffisent à eux-mêmes ; d’autres au contraire finissent par s’emboîter et des vies en émergent ; puzzle temporel aussi, qui nous renvoie aux fonctions et au passé des grandes gares elles-mêmes : lieux où transitent bonheurs et malheurs, où les couples se font et se défont, les familles se retrouvent et se déchirent, les amis et les amoureux s’attendent, parfois éperdument ; lieux d’où partirent d’innombrables soldats, qui y revinrent entiers ou mutilés, ou n’y revinrent pas ; lieux d’où furent convoyés tant et tant de ceux qui avaient le malheur d’être ce qu’ils étaient ou de penser ce qu’ils pensaient ; lieux de grande errance, de grande solitude, de vide et parfois de folie ; mais aussi lieux de travail tout simplement. La Vieille Femme, l’Adolescente et sa Mère, le Fou qui a perdu sa tête, les Nettoyeuses, le Mari organisé et sa Femme qui oublie tout, mais aussi Mathias et Laura, l’Amant bourru abandonné, les Clochards, sont quelques-uns de ceux que l’on retrouve de loin en loin et qui ainsi nous guident dans cet espace éclaté, à la fois si humain et si inhumain, parmi bien d’autres personnages, plus fugaces mais, tous également, bien présents.

Cette pièce, nous l’avons reprise au mois d’octobre pour le festival d’Arad (Roumanie), dans un format remanié et avec une distribution plus réduite. C’est le souvenir de cette reprise que nous vous invitons à partager, à travers six photos. Vous remarquerez, à l’arrière-plan, le splendide décor peint, inspiré d’une œuvre d’Erika Giavanni Klien. Ce décor a été réalisé par des membres du groupe théâtre sous la direction de Christine Backenstrass, que nous ne remercierons jamais assez.

                                                                                                         Françoise Babits. Patrick Marijon