Mano Gentil au lyceeMano Gentil au lycee

Mano Gentil au lycee

Le 19 janvier 2010, Mano Gentil auteure de nombreux livres pour jeunes et adultes est venue dans notre établissement. La classe 3ème4 a eu l`honneur de la rencontrer et de lui poser des questions sur sa vie d`artiste, le monde de l’écriture et de l’édition.

D’une manière simple et enjouée, elle nous a invités à pénétrer dans la galaxie du livre.

Pour écrire un livre, il faut d’abord avoir une idée. Pour Mano Gentil la première phrase est d’une grande importance. Les recherches préparatoires sur le monde dans lequel se déroulera la fiction occupent ensuite une grande part de son attention. Enfin elle se consacre au travail de l’écriture, à l’ordinateur . Le « manuscrit » achevé est envoyé à une maison d`édition.

Là commence un parcours du combattant : Si on est connu dans la maison, le manuscrit sera lu assez rapidement. En revanche les débutants doivent attendre très longtemps ou même ne sont simplement pas lus .

Si le manuscrit est accepté, la maison d’édition demande une relecture qui doit permettre  de corriger les erreurs graves mais impose parfois des modifications qui mutilent ou transforment le sens du manuscrit (suppression de parties jugées moins importantes, rectification de passages ou de certains traits d’un personnage…  qui mettent le livre en accord avec la politique commerciale de la maison). L`auteur doit relire et signer le l’épreuve destinée à l’édition, car après la signature, le livre sera imprimé sans autres vérifications.

Puis les livres nouvellement imprimés seront envoyés au distributeur qui les diffusera de façon obligatoire dans de nombreuses librairies. Si dans les trois premières semaines personne n`achète le livre, il sera renvoyé au distributeur qui pourra le renvoyer une seconde fois. En cas d’échec commercial, les livres seront détruits (« le pilon »). Le diffuseur reçoit 50% du prix du livre, la librairie 30%.

Certains écrivains « auto-éditeurs » échappent à cette règle : ils payent pour imprimer leurs livres mais les diffusent eux-mêmes..

Le premier roman qui a fait connaître Mano Gentil intitulé « Boucher double », a connu un succès fou (20 000 exemplaires vendus). En fait, elle avait été contactée par le directeur de la collection «Le Poulpe», qui lui avait donné ce qu’on appelle « la Bible »  de la collection. : tous les éléments de définition des personnages récurrents. A partir de cela elle avait composé un nouvel épisode de la série.

Nous avons ensuite échangé avec Mano Gentil sur son onzième roman : «Le Photographe».

Les recherches initiales sur le sujet de la peine de mort se sont avérées infructueuses.  L’auteure trouvait peu de choses, comme si ce thème était tabou. Elle s’est alors inspirée pour les détails techniques d’un livre publié en Algérie de «Paroles de Bourreau» qui a été pour elle une découverte épouvantable sur la peine de mort et la vie des bourreaux.

Ce livre, réalisé initialement à destination des adultes a été  accepté pour une collection Jeunesse. Aujourd’hui pourtant, il passionne plus les adultes que les jeunes parfois gênés par le caractère ouvert du livre qui ne donne ni jugement, ni réponses et se clôt sur une évolution du personnage qui laisse imaginer une suite.  

La lauréate de plusieurs prix littéraires nous fait ensuite découvrir un morceau de sa vie personnelle.

Mano Gentil est née le 23 décembre, jour anniversaire d’un terrible accident pour son père : enfant, durant la seconde guerre mondiale, il avait tué sa petite sœur par maladresse avec une arme à feu. Le père, dérouté par la naissance d’une quatrième fille, un jour de sinistre mémoire, la déclara le 26 décembre sous le nom de MArie et faute d’idée pour le deuxième prénom se laissa guider par la circonstance : NOëlle et voilà un pseudonyme : MANO. Gentil est le nom de jeune fille de l’auteure.

L’écriture, une vocation ?

Au collège elle rêvait d’être comédienne.

Ensuite, elle a travaillé pour la presse et la communication, mais depuis 2001 elle se consacre entièrement à l’écriture.

                        Inga Lelievre     Lise Vuillard